STRASBOURG 69 – POITIERS 63

Strasbourg 69, Poitiers 63 – Une défaite honorable mais inquiétante
L’un de mes meilleurs souvenirs d’une campagne sportive en pointillé, c’est la nette victoire remportée par le PB contre Strasbourg au mois de novembre, quatre jours après la réélection également sans bavures de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Lors du troisième quart temps, les visiteurs n’avaient marqué que cinq petits points : qui plus est, les sept joueurs majeurs de l’équipe hôte étaient tous crédités d’une évaluation globale de 10 minimum! C’était LE match-référence de l’année ; les petits poucets ont dominé de la tête et des épaules des Alsaciens qui jouaient déjà les premiers rôles dans le championnat français… Evidemment, lors des douze dernières semaines de l’eau a coulé sous les ponts ; si l’escadron de l’Est a continué sur sa lancée, n’ayant pas perdu de match officiel depuis le 8 décembre, les Poitevins n’ont guère réussi à reproduire leur belle prestation du 10 novembre ; avant de coiffer sur le poteau de valeureux et malheureux Havrais, ils avaient mordu a poussière sept fois d’affilée. En résumé, il y a une équipe à laquelle tout semble réussir, alors que son adversaire du premier jour de février est en manque de confiance et cherche toujours ses marques et repères.

Le début du match ne portait pas de démenti aux mauvais pronostics. L’immense Ajinca ouvrit le score (0-2), et le meneur Campbell doubla rapidement la mise (0-4). Antonio Grant réussit un tir primé, mais des paniers de Fitch et surtout de Campbell à 3 points creusèrent déjà un premier écart (3-9). Fort heureusement, les visiteurs rebiffèrent ; le panier d’Antonio Smith (5-9) fit suivi par celui de Pierre-Yves Guillard (7-9), qui se battait comme un beau diable. Mais dans la raquette adverse, le festival Ajinca se poursuivit (7-11, puis 7-13), et l’arrière Fitch fit lui aussi preuve d’adresse lointaine (7-16). Lorsque Campbell l’imita (7-19), on se disait que la rencontre allait être à sens unique, mais Smith n’était pas en reste (10-19), et l’entrée sur le terrain du très jeune Boris Dallo semblait galvaniser les Poitevins.

Peut-être un peu trop sûr de la supériorité de son équipe, peut-être tout simplement désireux de donner du temps de jeu à son banc, au début du deuxième temps Vincent Collet fit tourner son effectif. Les deux paniers primés successifs de Lamine ont rapproché les Poitevins (16-19) et dans la foulée, suite à une bonne récupération du ballon de Nivins, Smith a marqué (18-19). Malgré un panier du jeune remplaçant Invernizzi (18-21), Kante revint à la charge ; à l’issue de son action « à 3 points », il y avait contre toute attente égalité parfaite (21-21). Mieux encore, un panier de Dallo a propulsé les Pictaves en avant (23-21). Malheureusement, ce premier avantage des visiteurs était également le dernier de la soirée. Ajinca n’a pas tardé à rétablir l’équilibre (23-23), et Ricardo Greer a mené à bien une contre-attaque (23-25) ; son frère Jeff a réussi un tir primé (24-28), et Fitch a « mis le couvert » (26-30). Mais suite à des paniers de Guillard et de Nivins, le PB était tout sauf distancé (30-33) lors du retour aux vestiaires.

Dans les vestiaires, Vincent Collet a dû s’évertuer à rameuter ses joueurs, qui de toute façon ont marqué les 8 huit premiers points de la deuxième mi-temps (30-41 suite à un dunk d’Ajinca, des lancers de R. Greer, et un tir primé de Fitch). La mécanique strasbourgeoise tournait à plein régime à l’image de R. Greer qui s’infiltrait dans la raquette (32-43) et de Fitch qui prenait l’adversaire au dépourvu en « servant » J. Greer (32-45). Les hôtes n’étaient pas loin d’avoir creusé l’écart définitif (35-48, 40-53), mais encore une fois, les Poitevins avaient le mérite de ne pas lâcher prise. Dallo récupéra un ballon errant, traversa le terrain, entama une pénétration, provoqua la faute de son défenseur et convertit ses lancers francs (43-53) ; un tir primé de l’insubmersible Anthony Dobbins fit revenir son équipe sur les talons de l’adversaire censément supérieur (46-53).

Etait-ce un simple baroud d’honneur ? Assez rapidement, une action à trois points d’Ajonca sembla doucher des espoirs adverses (48-59), et R. Greer n’avait pas dit son dernier mot (48-61). Mais Lamine était toujours là (50-61), Guillard se démenait toujours tout autant (52-61) et Smith signait l’une de ses meilleures prestations récentes (55-61). Il restait encore 5 minutes à jouer, et le match était tout sauf plié. Or à force de défendre de manière farouche et parfois féroce, les visiteurs se sont peut-être « cramés » ; de toute manière, ils n’ont pas su saisir les occasions et opportunités qu’ils avaient su se créer in extremis. Ils n’ont pas su se rapprocher davantage de leurs vainqueurs du soir (57-63, puis score final 63-69).

Dans d’autres circonstances nous nous serions félicités de la prestation encourageante de nos joueurs qui avaient tenu tête à l’un des meilleurs escadrons de France. Nous nous serions réjouis de l’éclosion du jeune meneur Boris Dallo. Nous aurions été particulièrement fiers de nos garde-chiourmes qui avaient « contenu » une attaque souvent des plus prolifiques. Nous aurions parlé de « victoire morale »…. Mais quelque honorable qu’elle soit, la défaite de ce soir est inquiétante. Le maintien provisoire du PB en dehors de la zone des relégables va dépendre dès demain soir des résultats d’autres équipes. Et je ne ferai qu’enfoncer les portes ouvertes en constatant qu’en termes d’effectifs, nous sommes encore et toujours à la limite de la rupture.