Poitiers 81, Orchies 82 : Le match piège par excellence

Dans un championnat imprévisible, dans lequel une équipe mal classée peut venir s’imposer chez un prétendant à la montée en Pro A, il ne faut pas trop s’étonner de la victoire inattendue d’Orchies, hier soir à Poitiers. Dès le début de la rencontre, nous avions l’impression qu’à l’image de l’extérieur Pierric Poupet, chef d’orchestre, et de l’intérieur Steeve Ho You Fat (8 sur 8 aux tirs dans la première mi-temps!), les Nordistes qui n’avaient quasiment plus rien à perdre allaient jouer crânement leur chance. Quant aux Poitevins, ils étaient cruellement privés d’opportunités de shoot; pendant les 20 premières minutes Jeff Greer n’a tenté que 3 tirs, et Arnauld Thinon n’a fait qu’une seule tentative (réussie). Seules les pénétrations de Kevin Harley et, de temps à autre, la vista de Darrin Dorsey et les bons positionnements de Laurence Ekperigin, impeccable, ont permis aux Poitevins de rester au contact, n’ayant « que » 7 points de retard (33-40) à l’entracte. Sans vraiment jouer mal (5 balles perdues), les locaux n’étaient pas dans leur assiette. Est-ce qu’ils avaient pris l’adversaire (avec ses 10 défaites consécutives) à la légère? Je ne le crois pas. Est-ce que les visiteurs avaient réussi à faire déjouer et douter l’équipe qui avait les faveurs des pronostics? Je le pense.

Le troisième quart temps était dans la foulée des deux premiers: Pendant qu’Orchies continuait sur sa lancée, Poitiers s’évertuait à rester au contact. Peu en vue au début du match, l’ancien Pictave Anthony Smith commençait à se rappeler au bon souvenir des très nombreux spectateurs et supporters locaux. Et même si les prestations des intérieurs Chris Daniels et Ho You Fat commençaient à être plombées par des fautes sifflées par des arbitres tatillons, les joueurs du PB donnaient toujours l’impression de ramer à contre-courant; grâce à un tir au buzzer un peu miraculeux d’Aldo Curti, excellent à la mène malgré sa ligne statistique négligeable, à l’approche des dix dernières minutes les Poitevins étaient toujours en retard (54-63).

C’est avec l’énergie du désespoir que lors des ultimes minutes, les hôtes ont joué leur va-tout; redevenu assez phénoménal, Darrin Dorsey (25 points) a réussi des tirs invraisemblables, la défense poitevine a resserré les boulons, et ayant déjà perdu de nombreux matchs sur le fil, l’adversaire a peut-être commencé à douter. Les choses allaient-elles fini par « s’arranger »? Que nenni! D’une part le PB n’a pas su « surfer » sur la vague jusqu’à réussir un braquage sportif ou hold-up. D’autre part, sur un panier bonifié, Anthony Smith (21 points, dont 19 dans la deuxième mi-temps), a permis à son équipe d’égaliser à moins d’une minute de la fin! Par la suite, il y a eu des arbitrages contestables: Est-ce que Dorsey a bel et bien « marché », ce qui a rendu le ballon à Orchies (admirable de sang-froid, Smith n’a pas tardé à mettre deux lancers francs)? Suite à l’égalisation rapide d’Ekperigin à 6 secondes de la fin, est-ce qu’il y a eu faute sur Poupet, qui a converti l’un de ses deux lancers francs (81-82)? Il restait alors 1,6 secondes de jeu; est-ce il y a eu faute sur Dorsey, faute qui n’était pas sifflée? Sans vouloir m’attarder davantage sur de possibles erreurs d’arbitrage, on peut se demander: N’est-ce pas plutôt aux joueurs de se départager? N’aurait-il pas mieux valu que les choses se décantant dans une prolongation (de 5 minutes)?

De manière cruelle mais pas tout à fait imméritée, le piège s’est renferme sur le PB.