POITIERS 81 – BOULAZAC 86

Poitiers 81, Boulazac 86 – Une défaite décourageante

Après avoir dompté l’ogre de Villeurbanne, le PB était amené à s’attaquer au petit poucet de Boulazac. Depuis son accession  en juin 2009 à l’élite française, le PB a souvent eu de mal à enchaîner performances exceptionnelles et victoires attendues. Un équipe capable de se hausser au niveau des meilleurs peut également manquer de tonus face à des adversaires « prenables » sur le papier mais dont la pugnacité et la réussite déjouent les pronostics favorables. Le 20 octobre 2012 à Boulazac, le PB dominait outrancièrement les débats lors les 15 premières minutes du match, menant au score à un moment donné de 19 points. Les tireurs adverses ont pourtant pris feu, la défense poitevine a perdu de sa superbe, et la maîtrise des événements a échappé définitivement aux visiteurs. Dix-neuf semaines plus tard, Poitiers et Boulazac étaient scotchés aux bas-fonds du classement et avaient tous les deux besoin de l’emporter aux Arènes. Entre la onzième et la vingtième journée de championnat, les promus dordognots n’avaient gagné qu’une seule fois ; quant à leurs voisins poitevins, le bilan n’était guère plus reluisant : 2 victoires, 8 défaites. De toute évidence, les deux « petits » peinent à survivre dans une poule survolée par les « grands ». L’un comme l’autre, ils n’ont pas été épargnés par des blessures parmi d’autres coups du sort. L’un comme l’autre, ils ont tâché de se renforcer au mois de février, d’où les arrivées récentes d’Alex Acker, à la peine le samedi dernier dans la défaite de Boulazac contre Cholet et de Dominic James, qui a fait le match de sa vie en banlieue lyonnaise, et dont de nombreux supporters attendaient impatiemment les débuts à domicile sous les couleurs du PB.

Dès l’entame du match, on a compris que Boulazac n’allait pas passer à côté de sa séance de rattrapage. Les premiers paniers furent marqués par Monroe et McKenzie (0-5) ; par la suite et pendant presque toute la soirée, les Poitevins allaient s’épuiser en essayant de revenir à la marque. Les paniers s’enchainant sans discontinuer, le premier tir bonifié d’Acker ne faisait que confirmer la tendance (9-12, puis 9-14). Il était bien temps qu’Antonio Grant fasse son entrée sur le terrain, ce qui a permis à son équipe de limiter les dégâts (18-21) ; par ailleurs, la bonne défense de Pape Badiane calmait momentanément le jeu intérieur de l’adversaire. Mais à l’ultime seconde du premier quart temps, à la fin d’une séquence offensive bien conçue et parfaitement exécutée, Darnell Harris eut le dernier mot (18-24).

Il fallait attendre le début du deuxième quart temps avant que Dominic James ne commence à briller de mille feux ; son premier panier primé mit fin à une période de disette (21-26) ; Lamine (24-26) et Pierre-Yves (27-28) ne tardèrent pas à le suivre sur cette voie. Dans la foulée, deux lancers francs de James permirent à Poitiers de passer devant pour la première fois (31-30) ; juste après, il a enchaîné avec une interception et un panier instantané sur contre-attaque (33-30). A 5 minutes de la fin de la première mi-temps, le momentum avait changé de camp ; les Périgordiens commençaient à déjouer, et le PB n’était pas loin de faire cavalier seul. Se dirigeant vers le cerceau, James fit mine de préparer une passe, et sa feinte a pris de court son défenseur, qui ne pouvait guère faire autre chose que regarder l’artiste au sommet de son œuvre (41-32). Malheureusement, quelques pertes de ballon permirent aux visiteurs, qui avaient finalement laissé passer l’orage, de rester dans le match (44-38).

Le troisième quart temps était défensif, et les Poitevins recommencèrent à souffrir. Plus précisément, ils parvinrent à provoquer des fautes mais ratèrent de trop nombreux lancers francs ; jusqu’à une faute technique un peu sévère sifflée contre Monroe déboucha sur du gaspillage sur la ligne de réparation (53-50). Et puis, le redoutable Alex Acker a frappé fort en marquant 5 points consécutifs (54-55) ; avec 10 minutes à jouer, il y avait égalité parfaite (55-55).

Le quatrième quart temps était à la limite de l’irrespirable : 2 pts de l’excellent McKenzie (55-57), tir inspiré de Lamine (58-57), réponse immédiate de Dubiez (58-60), interception et panier de Lamine (60-60), action à 3 points de McKenzie (60-63), 2 lancers francs de Monroe (60-65), perte de ballon poitevine, panier de McKenzie à 5 minutes de la fin (60-67), les trois points de l’espoir d’Anthony Smith (63-67), deux lancers francs de l’intenable Acker (63-69), James qui marque de loin (66-69), un seul lancer de McKenzie (66-70), tir de James à la limite des 24 secondes (68-70), encore et toujours McKenzie (68-72), passe décisive de James à Guillard à 2 minutes de la fin (70-72), très bonne passe de James à Smith qui tire très rapidement (73-72), deux lancers d’Acker (73-74), magnifique pénétration de James (76-74), égalisation d’Acker (76-76), balle de match pour Poitiers à 20 secondes du buzzer, James qui me marque pas. Lors des cinq minutes de la prolongation, les hôtes couraient pour la énième fois après le score, et n’ont quasiment rien pu faire de décisif, s’inclinant finalement de 5 points (81-86).

Cette nouvelle défaite laisse un goût amer, et je préfère n’en rien dire de plus.