Poitiers 79 – Souffelweyersheim 78 : Une victoire tirée par les cheveux

AVANT LE MATCH: De retour aux affaires, les deux formations chercheront à s’extirper des bas-fonds du classement. Equipe à deux visages, Souffel a alterné le meilleur (qualifications pour des demi-finales de la Leader’s Cup et le pire (départ plus que poussif dans le championnat). Quant aux Poitevins, leurs bonnes prestations des deux premiers mois de la saison ont été suivies par les déceptions et les désillusions successives des deux derniers mois de 2014. Manifestement, tant les hôtes que les visiteurs ont besoin de se ressaisir et se rassurer, alors que l’heure tourne et le temps presse.

UN JOUEUR A REDOUTER: Daviin DAVIS: Originaire de Midland, Texas, ce swingman (arrière-allier) de 29 ans qui a ciré les parquets en Finlande en Lettonie avant de découvrir le basket français à Blois est de loin le joueur le plus constant et menaçant de son équipe (près de 17 points par match). Sans être totalement dominant dans tel ou tel compartiment du jeu, Davis ne présente pas non plus de point faible et devra être surveillé comme le lait sur le feu.

PENDANT LE MATCH: On dit que le basket, c’est une suite de séries; la première mi-temps du match en a fourni la preuve. Après 3 minutes indécises, Souffel a pris les commandes; avec 10 points consécutifs, en pleine bourre, les visiteurs dominaient copieusement les débats, alors que les tentatives offensives poitevines échouaient de peu. Seul Ona Embo était en verbe, et son tir lointain au buzzer a permis à son équipe de limiter les dégâts (13-21).

On n’imaginait pas qu’en début de deuxième quart temps, les hôtes allaient griller la politesse en marquant 10 points supplémentaires consécutifs! Deux missiles de Thinon firent un bien fou (16-21, 19-21), et Lamine a ramené l’égalité parfaite sur rebond offensif (21-21). Embo a continué à tout réussir (23-21, 25-21); seule une poussée de agressivité fit revenir Souffel (25-28, 25-30). Le retour poitevin n’aura-t-il été que feu de paille? Pas du tout; Embo a su affoler les boussoles adverses en provoquant faute après faute et en convertissant tous ses lancers francs (31-31, 33-31). Et peu avant l’entracte, les Poitevins creusèrent un petit écart (40-33, sur une claquette de l’impeccable Ogidé). A mi-temps: PB 43, Souffel 39. On souffle…

Revenu sur le terrain animé des meilleures intentions, le PB semblait s’apprêter à prendre son envol (53-42); en conjuguant percussion et adresse occasionnelle, Harley commença à peser sur le match. Or malgré une maladresse surprenante, Daviin Davis persista (53-46); de part et d’autre des coups de sifflet pleuvaient; malgré deux tirs lointains de Thinon (61-53, 64-53) qui constituèrent des ballons d’oxygène, le même joueur ne tarda pas à être sanctionné d’une quatrième faute, et à la fin du troisième quart temps Souffel respirait encore (64-59). Rien n’était joué, loin de là.

Les dix dernières minutes étaient à la limite de l’irrespirable. Embo marqua de nouveau, Lamine mit un panier plein de réussite, merci le panneau (71-64), mais le peu connu Austin Dufauly se mit à ce moment-là en évidence (71-66, puis 71-68). Et puis, suite à un panier également miraculeux de Fitzgerald (73-68, à presque 7 minutes de la fin), rien, nada, pas le moindre point d’enregistré pendant plus de 3 minutes. Est-ce que Fitzgerald avait commis une faute offensive? Les supporters poitevins n’en étaient guère persuadés… Mais à 3 minutes de la fin, une action à 3 points de Kevin Harley (77-68) permit à son équipe de prendre une option sur le match. Or les visiteurs eurent le mérite de ne point abdiquer (77-72, puis 77-74, et enfin 77-76 sur lancers francs, suite à la cinquième faute de Greer). Embo (32 points) marqua (79-76), mais Souffel était toujours là (79-78), et puisque la possession poitevine suivante n’aboutit à rien, à 5 secondes de la fin, contre toute attente, Souffel hérita de la balle de match … qui ne rentra pas. Le PB s’était fait des frayeurs, mais s’en est bien sorti.