Poitiers 75, Bourg en Bresse 72 : Quelle émotion !

 

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Poitiers 75-72 Bourg en Bresse : Quelle émotion !

A l’approche de la réception de Bourg, club qui avait remporté ses six dernières rencontres du championnat, nous nous sommes mis à rêver: En cas de victoire, Poitiers Basket allait présenter pour la première fois depuis près de trois mois un bilan équilibré: 12 victoires, 12 défaites. Et en cas de victoire, Karim Souchu et Jeff Greer, qui avaient décidé tous les deux de laisser pousser la barbe jusqu’à l’obtention de ce bilan, allaient se raser: C’était promis (mais pas forcément juré!). Ce qu’on appelle en anglais « the .500 mark » (50% de victoires), c’est un seuil à partir duquel il est permis d’envisager une montée en puissance, voire une remontée dans le classement permettant à une équipe « mal embarquée » de finir par aborder les playoffs en position de force et de bénéficier de manière auparavant inespérée de cet élan acquis qu’on appelle le momentum.

Et en cas de défaite? A l’approche de la réception d’une excellente équipe de Bourg, je me gardais d’envisager une telle éventualité. Force est pourtant de constater que rien n’est gagné d’avance, loin de là, et que « l’équilibre » poitevin reste précaire; l’équipe est toujours tout autant à court d’effectifs, Pape Badiane ne va pas revenir, et le déplacement à Reims du 24 janvier ne sera pas de tout repos…

Une demi-panne d’éclairage a retardé le début du match et rendu inopérantes les premières actions. Il a fallu près de deux minutes avant que Flowers n’ouvre le score (0-2). Guillard (3-2) et Souchu (6-2) ont donné immédiatement la réplique, et la partie semblait bien engagée. C’était sans compter avec le meneur Darnauzan (6-5) et l’arrière Bassett (8-9, puis 11-13 et 13-17). Et puis, un arbitrage tatillon et contesté n’arrangeait pas les affaires des Poitevins, qui de toute façon étaient dominés dans tous les compartiments du jeu (13-19, 15-19 à la fin du premier quart temps).

Ruddy Nelhomme avait pourtant eu la bonne idée de lancer Moustapha Fall dans la bataille; suite à une passe décisive de Guillard, le pivot longiligne a marqué tout en provoquant une faute (18-19). Et puisqu’il a un peu semé la panique dans la raquette adverse, la partie était relancée de la meilleure des manières (20-19, puis 22-21, 24-23). dans la foukée, les joueurs du PB ont accéléré le rythme: panier facile de Greer suite à une interception de Souchu (26-23), tir bonifié du capitaine couageux (29-23). Le momentum avait changé de camp! Guillard se jetait sur le moindre ballon qui traînait, Greer orchestrait l’offense, plusieurs joueurs assuraient la finition (36-27)… Mais à l’image du grand Yango, les visiteurs ne restaient pas sans réagir (36-35); seuls une pénétration de Kevin Harley (88-35) et un tir lointain assez miraculeux de Souchu permirent aux Poitevins de repartir aux vestiaires avec un petit avantage (41-35).

Le début du troisième quart temps n’était pas du même acabit; en réussissant 7 de leurs huit premiers tirs, les joueurs adverses ont mis le feu (48-46, plus 51-51); ils étaient tous d’une adresse diabolique; la défense était aux abonnés absents. Les Pictaves allaient-ils laisser passer l’orage? Encore une fois, l’entrée de Fall a calmé le jeu, et l’un de ses paniers a mis les pendules à l’heure (53-51); le même pivot a récidivé une minute plus tard (56-51). Mais l’adversaire restait coriace, et à l’approche des moments décisifs, tout restait à faire (59-57).

Le combat est resté âpre, mais sans trop d’excès. Les défenses ayant pris le pas sir les attaques, le moindre point valait cher. Une action à 3 points de Greer ouvrait portant la voie (61-57). et Harley a su convertir deux lancers francs (63-57), alors que ses coéquipiers avaient tremblé sur la ligne de réparation (14/23, ce n’est pas formidable, d’autant plus que Bourg s’affichait un reluisant 17/17…). Lors de la trente-cinquième minute, un tir bonifié de Greer a fait des étincelles (68-61), mais Bassett restait menaçant (68-65), et une interception bressane donna lieu à un panier facile (68-67). C’est à ce moment ô combien crucial que pour le deuxième samedi de suite, Justin Ingram a pris les affaires en main; on sentait que pour le meilleur ou le pire, il allait porter l’équipe sur ses épaules, alors que jusque-là, il n’avait pas été en réussite. Son panier opportuniste a restitué un petit écart (70-67). , mais par la suite, l’un de ses coéquipiers a perdu le ballon, et je me suis dit que les individualités pictaves s’étaient remises à « jouer perso », d’où des tirs en déséquilibre et le gaspillage de je ne sais combien de possessions. Bassett a alors égalisé (70-70), mais dans des circonstances pour le moins controversées, Ingram a marqué de nouveau (72-70). Bassett, toujours lui, a égalisé de nouveau (72-72), Poitiers a perdu le ballon, Bourg n’a pas marqué, et en parfait gestionnaire, Ingram a tenu la balle de la victoire jusqu’à l’avant-dernière seconde, auquel moment son tir parfaitement ajusté a fait bingo (75-72) et les supporters poitevins furent subitement aux anges. Un grand bravo à Justin et à toute l’équipe qui a su persévérer et qui a fini par l’emporter sur le fil.

LES MARQUEURS POITEVINS : Souchu 19 Points, Greer 10, Guillard 5,  Ingram 10, Fall 7, Harley 4, Ekperigin 9.

STATISTIQUES