POITIERS 71 – PARIS-LEVALLOIS 73

POITIERS 71 – PARIS-LEVALLOIS 73 : Terrible désillusion

Encore une fois, sur le papier pour tout le moins, à quelques heures du match je ne pouvais pas m’empêcher de dresser un constat « défaitiste » : Ils ne boxent pas dans la même catégorie. D’un côté, les Parisiens débarquaient à Poitiers avec leurs deux internationaux Antoine Diot et Andrew Albicy et leurs deux anciens universitaires de la Caroline du Nord, Jawad Williams et Sean May. De l’autre côté, les locaux ne se présentaient pas dans les meilleures dispositions ; si Justin Gray était sur le point d’être « coupé » pour cause de rendement insuffisant, le divorce à l’amiable n’était pas consommé, et par conséquent aucun remplaçant ne pouvait être pressenti. Ayant réussi de bonnes prestations défensives lors de leurs dernières sorties à l’extérieur (Nancy, Nanterre, Strasbourg), les joueurs du PB n’avaient pas pour autant renoué avec la victoire, et la perspective de relégation en était venue pour la troisième saison consécutive à pointer son nez, voire à troubler le sommeil des supporters les plus ardents.  Cela dit, Paris Levallois éprouve souvent des difficultés à donner sa pleine mesure en dehors de ses bases ; loin d’être à l’abri de toute mésaventure, cet escadron quasiment insubmersible « dans la théorie » venait de subir trois défaites d’affilée dans le championnat français. Une nouvelle désillusion n’était pas à exclure, et Poitiers allait tenter de marquer – mieux vaut tard que jamais – son territoire.

Et très rapidement, avec un jeu bien léché, une bonne circulation de ballon et un excellent pourcentage d’adresse, le PB a produit un basket efficace et agréable à regarder. Pas du tout intimidé par le pourtant très solide Sean May, Ahmad Nivins a transformé sans avoir l’air d’y toucher une interception d’Anthony Dobbins (9-2), et deux paniers successifs de May (9-7) n’ont en rien brisé l’élan poitevin ; à la limite des 24 secondes, Anthony Smith a fait bingo de très loin (14-9), et un superbe mouvement sous le panier d’Antonio Grant a fructifié l’avantage (16-9). Seuls les joueurs du banc parisien (Oniangue, Cox, Aka) ont permis aux visiteurs de recoller temporairement au score (21-21), avant que Pape Badiane ne marque le dernier panier du premier quart temps (23-21). Le PB venait de réussir la bagatelle de huit, vous avez bien lu huit passes décisives en 10 minutes.

Et puis, la défense poitevine est devenue imperméable ; pendant un peu plus de six minutes, mais oui , Paris-Levallois n’a pas marqué le moindre point ! Smith était toujours aussi « chaud » à trois points (29-21), ainsi que Dobbins (34-21) ; sans complexes, les Poitevins prenaient le jeu à leur compte ; parmi les joueurs parisiens, seul May tirait un tant soit peu son épingle du jeu (14 des 29 points de son équipe dans la première mi-temps). Pierre-Yves Guillard ne permettait absolument pas à Jawad Williams de trouver de bonnes positions de tir, et le très jeune Kevin Harley a fait preuve d’un grand sang-froid en réussissant un tir bonifié à l’extrême limite des 24 secondes (41-29). Dobbins a également et de la même façon allumé le compteur (44-29 à la pause). Le PB venait de mettre 8 paniers (13 tentatives) derrière la ligne « à 3 points », ils avaient également réussi 14 passes décisives, alors que du côté de l’adversaire, les chiffres analogues étaient 4 sur 11, et 6.

La réaction parisienne tant attendue tardait à se matérialiser. Un nouveau panier de Nivins, toujours impeccable, portait l’avantage des locaux à 20 points (49-29) ; quant à Dobbins, il provoquait des fautes et n’éprouvait guère de difficultés sur la ligne de réparation (51-32, 53-32). Malgré un petit passage à vide (57-42, 59-44), les Poitevins tenaient bon et pouvaient aborder la fin du match avec une certaine sérénité (61-44). Seule la sortie de Grant sur blessure jetait une petite ombre au tableau ; de toute manière, le PB dominait les débats de la tête et des épaules, nous semblait-il pour tout le moins.

Pendant les deux premières minutes du dernier quart temps, personne ne débloquait le compteur ; par la suite, Albicy ouvrait la marque (61-46) et suite à une interception (Poitiers allait perdre le ballon 8 fois dans les dix dernières minutes), May réduisait l’écart (61-48). Face à une défense de zone, les joueurs du PB avaient soudain du mal à remonter le terrain. Et puis : Albicy (61-50), un seul lancer franc poitevin (62-50) et deux tirs bonifiés de Diot (62-56), alors qu’il restait 4 minutes à jouer, autant dire une éternité dans le basket. John Cox (62-58) Jawad Williams (62-60) ne rataient pas leurs lancers francs, puis à deux minutes de la fin Paris égalisait (62-62), quitte à passer devant (62-64, 62-67), grâce notamment à une nouvelle interception de Diot. Le PB venait de subir un « 1-21 » ; en plus de 8 minutes, l’équipe n’avait pas marqué le moindre panier. Nivins a mis fin à ce trop long passage à vide (64-67), Albicy n’a mis qu’un lancer franc sur deux (64-68), et Guillard a réussi un tir lointain un peu chanceux, voire carrément miraculeux (67-68). Suite à des lancers francs de Dobbins (69-68) et de Nivins (71-68), le PB était revenu aux postes de commandement. Il restait pourtant 17 secondes à jouer, et Albicy a mis le panier de l’égalisation (71-71) ; dans la foulée, il s’est emparé du ballon, et au tout dernier instant, Diot a mis le panier de la victoire (71-73).

Dans le camp poitevin, la déception est immense. A l’instar de tant d’autres supporters poitevins, pendant de longues minutes je suis resté sonné, abasourdi. Je ne pense pas pour autant que le PB est condamné, loin de là, à la relégation. Il reste 11 matchs à jouer, dont 6 à domicile. Poitiers est manifestement capable de rivaliser avec les équipes les plus fortes du championnat français. Malheureusement, les trous d’air se multiplient. Je crois pourtant dur comme fer que le PB a toujours une carte à jouer dans le Pro A.