POITIERS 69 – DIJON 62

Poitiers 69, Dijon 62 – La belle aventure continue

Le 1er avril 2013, et ce n’est pas la blague du jour, le dernier mois de la saison régulière du basket professionnel français commençait. Si certains clubs pouvaient envisager l’avenir proche avec sérénité, d’autres abordaient ce dernier virage la peur au ventre. Ayant déjoué les mauvais pronostics sportifs, les Dijonnais s’apprêtaient à affronter un autre type d’échéance, le manque à gagner de cette entité ayant atteint les proportions d’un trou financier béant. Quant aux Poitevins, les cinq victoires remportées lors de leurs dix premières sorties n’étaient plus fin mars qu’un lointain souvenir; ayant connu les affres de la défaite à douze reprises, alors qu’ils n’avaient remporté que deux rencontres depuis plus d’une centaine de jours, ils devaient à tout prix renouer avec la victoire qui leur avait pourtant tendu des bras contre quatre ou cinq équipes différentes. Vaincre, en un mot, ou périr, si tant est que la relégation en Pro B équivaille à l’arrêt de mort… Sans l’apport de Pierre-Yves Guillard, la formation guidée par Ruddy Nelhomme allait-elle commencer en pleine heure « d’été » à remettre les pendules à l’heure? Si oui, serait-elle capable de tenir un résultat, voire de « tuer » le match en temps utile? Le retour à St-Eloi lui permettrait les Pictaves de franchir je ne sais quel seuil, de surmonter un obstacle en majeure partie psychologique? En un mot, le potentiel entrevu tant de fois au cours des six derniers mois serait-il réalisé, avant qu’il ne soit trop tard? Encore une fois, le verdict serait rendu sur le terrain.

Dans un premier temps, la mécanique bien huilée des Dijonnais surclassait les Poitevins qui cherchaient leurs marques. Un tir primé du meneur de poche Campbell ponctua une bonne séquence offensive (2-5), et une contre-attaque de Harris aggrava déjà la note (2-7). Seule une interception suivi d’un dunk de Dominic James ragaillardit les locaux, et le même joueur continua sans sourciller sur sa lancée (7-7). Mais Campbell frappa de nouveau, et à deux reprises (7-12), Harris fit preuve d’adresse (7-14), et Campbell effectua une passe ô combien décisive à Leloup (7-17). Lorsque Ruddy Nelhomme demanda un temps mort, le PB était « à la rue », l’écart en matière d’évaluation collective s’avérant rédhibitoire (3 à 25!). Mais Anthony Smith dégaina de loin avec succès (10-17), Tony Dobbins fit une interception suivie d’une action « coast-to-coast » (12-17), et James livra un caviar à Nivins (14-17). Une nouvelle pénétration de James atteignit son but (16-17), et ce fut le tour des Dijonnais de demander un temps mort. Suite à un panier opportuniste de Harris (16-19), Lamine Kanté mena à bien la dernière action du premier quart temps (18-19). Le match était bel et bien lancé, et le suspense demeurait entier.

Le deuxième quart temps était contesté et indécis; Dobbins réussit un tir en déséquilibre (21-22) et Kanté rappliqua (23-22), mzids Campbell était loin d’avoir dit son dernier mot (23-24). Et puis, de manière inattendue, un vent de folie a envahi le chaudron de St-Eloi; si une nouveau panier de Dobbins a sonné la charge (28-24), c’est James qui a mis le feu aux poudres à la suite d’une interception que je qualifierais plutôt de « steal » (vol) (33-26). Mais Harris poursuivait son travail de sape (33-28), et le remplaçant Owens s’est fait remarquer (33-30). Les deux équipes se sont quittées dans l’indécision toujours tout aussi totale.

Le troisième quart temps n’a pas permis aux choses de se décanter. Très crispés, les joueurs poitevins ont raté pendant la partie la bagatelle de 12 lancers francs. Dijon est une équipe défensive dans l’âme; fort heureusement, les Poitevins ont également su resserrer les boulons. Or un tir primé de Leloup a jeté un froid sur la salle (34-37), et les hôtes étaient le plus souvent à court de solutions offensives construites, n’effectuant que 8 passes décisives dans la soirée. Et que de ballons cédés à l’adversaire à l’issue infructueuse des 24 secondes réglementaires de possession! Il valait mieux tenter sa chance dans des envolées spectaculaires dont les deux spécialistes du soir s’appellent Anthony Dobbins et Dominic James qui provoquaient tous les de deux de nombreuses fautes. Autant préciser qu’à la fin du troisième quart temps, le PB s’accrochait vaille que vaille, mais sans être parvenu à faire « le break » (48-44).

Lorsqu’un tir primé de Campbell redonna l’avantage aux visiteurs (48-49), son panier jeta un froid palpable sur la salle. Le PB n’arriva plus à marquer, et les Dijonnais commencèrent à grappiller des points, si bien qu’à cinq minutes de la fin, ils n’étaient pas loin d’avoir fait ce fameux « break » (53-57). Mais Kanté se faufila entre deux défenseurs (55-57), Dobbins servit Smith qui profita de l’offrande (57-59), et un tir lointain de Kanté, en manque de réussite ce soir, a failli permettre aux Poitevins de reprendre les devants. Et puis, c’est Dominic James qui frappa deux fois, d’abord en réussissant un tir extrêmement lointain (60-59), ensuite en effectuant une belle pénétration à deux minutes et neuf secondes de la fin (62-59). Anthony Grant a remis le couvercle (64-59), et un tir à trois points de Harris (64-62) a finalement fait plus de peur que de mal aux Poitevins. A quelques secondes de la fin, la messe était dite, et les Poitevins ont fini par l’emporter avec un écart trompeur de 7 points (69-62). La belle aventure continue.