Poitiers 67, Rouen 80 – La débâcle !

 Poitiers 67-80 Rouen : La débâcle !

Quelques heures avant la réception de Rouen aux Arènes, on mesurait sans peine l’importance de l’enjeu. En domptant les Normands, les Poitevins retrouveraient, en compagnie de trois autres équipes plus ou moins ambitieuses (Fos-sur-Mer, Toulon et Saint Quentin) la septième place du classement du Pro B. Battus par des Rouennais en progrès ces derniers temps mais qui n’ont pas encore sauvé leur peau, le PB ne partagerait que la dixième place. En dehors de ces considérations quantitatives, Poitiers allait chercher à mettre fin à la malédiction du mois de mars (3 sorties, 3 défaites) et à retrouver la qualité de jeu qui lui avait permis en janvier et en février de réussir une belle série et de reconquérir le nombreux public local. Les blessures de Thinon et surtout de Mendy, qui n’a pas été remplacé, allaient encore une fois leur compliquer la tâche; séduisant au complet, Poitiers Basket est pourtant chroniquement à court d’effectifs et, par conséquent, sur le fil du rasoir.

Dès le début du match, les choses ont tourné à l’avantage des visiteurs: séquences offensives rouennaises classiques; tirs lointains poitevins maladroits. Si bien qu’après 3 minutes, le PB accusait déjà un retard qu’il allait vainement s’évertuer à essayer de combler (0-6). Karim Souchu a tout de même marqué (2-6), et un tir lointain de Guillard a fait renaître une lueur d’espoir (5-6). Mais Da Silva s’engouffra dans une brèche défensive (5-8), et Phillips mit le couvert (5-11). Lorsque le pivot Cairo posa le ballon dans le panier en se promenant (5-13), Ruddy Nelhomme a demandé un temps mort qui n’a rien arrangé; Philips n’a pas tardé à aggraver le score (5-16). Greer a donné la réplique (8-16), mais l’entrée de l’ancien Poitevin Florimont s’est avérée judicieuse (10-20); heureusement pour les hôtes, c’est à ce moment, alors que son équipe était malmenée, que le nouveau venu Micheneau (11 points dans la première mi-temps!) a fait parler la poudre (14-21), mais les Rouennais ont parfaitement maîtrisé l’ultime action du premier quart temps (14-24).

Par la suite, Florimont a marqué de nouveau, mais Ingram a provisoirement limité « la casse » en marquant de manière peu classique deux fois de suite (21-28). Kahudi a néanmoins montré du répondant (21-30), et une faute technique sifflée contre Guillard a achevé de briser l’élan poitevin, qui était tout de même ressuscité grâce à un tir bonifié de Michineau (24-31). Le PB allait-il finir par s’installer dans la partie? Phillips (24-33) et Da Silva (24-35) avaient d’autres idées, et pendant tout le reste du deuxième quart temps, c’est en vain que les Pictaves ont couru après le score (31-41). Un retournement de situation était-il seulement envisageable?

Lors de la reprise des débats, la réponse était négative, à la fois adroit et opportuniste, Rouen a très rapidement aggravé le score (33-50). Grâce à Ingram et surtout à Ekperigin, omniprésent dans la raquette, le PB a sonné le réveil et réduit l’écart, notamment en donnant de bons ballons à Ekperigin (44-52, 46-52, voire 48-52). Or à une minute de la fin de la période, il devenait évident que l’embellie n’était qu’embellie, et que l’adversaire du soir, n’hésitons pas à le reconnaître, était nettement meilleur. Aucun tir n’était tenté par les Poitevins résurgents dans les 24 secondes, Rouen reprenait possession du ballon, Souchu ratait un « shoot » invraisemblable, Rouen a réussi deux lancers francs (48-55); la messe était quasiment dite. Pour quelles raisons l’équipe locale a-t-elle craqué, alors qu’elle n’était pas loin de porter l’estocade (ou bien, pour tout le moins, de faire douter les hommes de Laurent Sciarra, dont le « coaching » est devenu exemplaire)? Pourquoi les Poitevins ont-ils manqué à un tel point de lucidité, alors que la défense rouennaise était devenue poreuse?

Le dernier quart temps était anecdotique. En marquant les sept premiers points (48-62), les Normands ont tué ce qui restait de suspense. Deux actions réussis d’Ingram (52-62) n’ont rigoureusement rien changé. Offensivement les Poitevins étaient manifestement à court de stratagèmes et d’éventuelles solutions; il ne pouvait y avoir de suite dans les idées. Seules les joueurs déjà mentionnés ont tiré un tant soit peu leur épingle du jeu… En face, les Rouennais ont su gérer le match en suivant à la lettre les consignes de leur l’entraîneur.

Compte tenu de l’indigence générale des dernières prestations poitevines, je vois très mal de quelle manière le club va arriver à se ressaisir.

 

LES MARQUEURS POITEVINS : Souchu 4 Points, Greer 7, Guillard 5, Ingram 15, Michineau 13, Harley 4, Ekperigin 19.

 STATISTIQUES