POITIERS 63-65 NANCY

Poitiers 63, Nancy 65 – Si près, mais tellement loin

A quelques heures du début du match décalé de l’antépénultième journée de la saison 2012/2013 du Pro A, il était clair que le PB n’avait pas le choix; soit il battait les Cougars de Nancy, de préférence de 7 points au bas mot, soit il signait sa descente en Pro B.  Comment ce club venu de nulle part en brûlant les étapes en est-il arrivé là? Je dirai que tout en se dotant d’infrastructures qui tiennent la route, il est resté petit, bien plus petit que la plupart de ses adversaires, et qu’il a eu du mal à négocier le virage, à aménager la transition entre l’esprit familial et le fonctionnement professionnel. Plus précisément, les (bons) joueurs recrutés l’été dernier ne sont pas parvenus à faire oublier Kenny Younger, Rasheed Wright, Evan Fournier, J-J Miller, voire Yann Devehat. Un club qui misait sur la continuité n’a pas su mener à bien sa mue. Et à la différence d’une grande formation qui change de cheval de bataille du milieu du gué, un club de taille humaine ne peut pas se permettre de faire de mauvais choix; en l’occurrence, le PB n’aurait peut-être pas dû jeter son dévolu sur trois Américains dont l’un des points communs, c’est qu’ils ne connaissaient nullement le championnat français…

Le lecteur va se demander pourquoi je m’attarde sur des erreurs, et je répondrai que dans la perspective d’une remontée rapide et durable du club, seul un examen de conscience approfondi lui permettra de reprendre son élan. Mais en attendant cette réflexion que j’appelle de mes vœux tout sauf pieux, place au jeu!

Le début du match mettait en exergue les lacunes de la formation poitevine: replis défensifs mal assurés, approximations sur le plan offensif, incapacité générale à emballer le jeu. Nivins réussit tout de même à prendre momentanément le meilleur sur l’imposant Claude Marquis, mais les artilleurs locaux étaient loin du compte, et Diabaté ne se faisait prier pour chiper le ballon et marquer (3-8) et avec un tir bonifié ouvert, Sommerville mit le couvert (3-11). On ne voyait pas de quelle manière le PB allait pouvoir entrer dans une partie dont la maîtrise lui glissait entre les doigts. Dominic James parvint tout à même à provoquer des fautes et en convertissant ses lancers francs, il limitait les dégâts (7-13, 9-17). Et l’arrivée des jeunes Harley et Fall donnait un peu de tonus aux Pictaves qui se battaient dans la raquette (13-19); dommage que leur maladresse fût toujours aussi flagrante…

Le deuxième quart temps était à la fois équilibré et frustrant; d’une part, le PB rattrapait le gros de son retard; d’autre part et malgré de nombreuses occasions, dont certaines en or, ils n’arrivaient pas à égaliser. Par exemple, suite à une récupération du ballon par Fall, Smith réussit, enfin!, un tir bonifié (20-21). Mais l’action suivante se solda par un échec, et Kenny Grant ne manqua pas d’enfoncer le clou (20-24). Par la suite, Fall alimenta Nivins qui mit une claquette de haute volée (22-24), mais le même joueur a marché, un joueur nancéen a mis des lancers francs (22-26), l’offense poitevine a manqué l’immanquable, et suite à une succession de maladresses de part et d’autre, le score n’a guère bougé jusqu’à l’entracte (24-28). Le PB 2012/2013 n’était pas encore mort et enterré.

Le troisième quart temps se déroulait à l’image du deuxième; percée concluante de Nivins (26-28), claquette de Touré (sans doute l’homme du match) (26-30), tir en reculant de Badiane (28-30), interception de Nivins suivie d’une claquette de Dobbins (30-30); tout redevenait possible, d’autant plus qu’en se faufilant entre Marquis et Sommerville, Dobbins remit les deux équipes à égalité (35-35). Mais par la suite, une contre-attaque poitevine déboucha sur le ratage de l’immanquable, et la maladresse aux lancers francs de plus d’un joueur n’arrangeait pas les affaires, loin de là, du PB qui s’accrochait malgré tout, et passa devant grâce à un tir primé providentiel de Smith (39-37); c’est même avec un léger avantage au score que les locaux abordaient les dix minutes décisives (43-40).

Eh bien, le quatrième quart temps se déroulait à l’image d’une saison entamée avec optimisme raisonné mais dont on finissait par perdre le fil. Que de passes errantes, de paniers manqués, d’occasions gâchées! Et puis, encore une fois, un tireur adverse, en l’occurrence le meneur expérimenté Diabaté, a ajusté son tir et fait bingo au moment idoine. Suite à un obus magistral de Laminé Kanté (46-43), il n’a pas hésité à donner sa réponse (46-46), et suite à un « marcher » poitevin, Touré n’était pas en reste (48-50). Et puis? Lamine égalisa (50-50), mais Diabaté frappa de nouveau, là où le bât blesse (50-53). Malgré de vaillantes tentatives de revenir au score, les Poitevins avaient laissé passer leur chance. Un troisième panier bonifié de Diabaté à 3 minutes de la fin sembla tuer le match (52-59). La suite ne fut qu’une interminable course-poursuite; même si le PB revint à 70 secondes de la fin à -1 (60-61), même si Touré rata deux lancers francs, même si un tir primé de Smith ralluma l’espoir (63-64), même si les locaux prirent possession de la balle du match, même si Dobbins provoqua peut-être une faute qui ne fut pas sifflée dans les derniers instants alors que Nancy ne menait que de 2 points (63-65), la messe était dite, et le rideau tomba. Bons supporters faisant preuve d’une grande sportivité, la foule poitevine applaudissait ses héros non pas tant déchus que frustrés; il y avait du talent, du cœur, de l’envie à revendre — mais tout cela n’a pas suffi, et ce sera en Pro B que la belle aventure se poursuivra.