ORLEANS 72 – 66 POITIERS

Orléans 72, Poitiers 66 – Le PB n’a  pas tenu la distance

A l’approche de la dernière ligne droite de la saison 2012/2013, la confrontation de deux équipes en difficulté ne manquaient pas de piment. D’un côté, les Poitevins luttent vaille que vaille pour leur survie en Pro A, et la victoire remportée par Nancy dans l’antre de Paris-Levallois simplifie de manière paradoxale leur tâche; ne pouvant compter pour l’instant sur un faux pas de leurs compagnons d’infortune, ils sont quasiment condamnés de gagner. Car de l’autre côté, les Orléanais font face depuis de nombreux mois à une succession de blessures; privés actuellement des services de certains de leurs meilleurs joueurs (Pellin, Viney, Young, Green), ils en sont réduits à aligner leurs Espoirs dans le cinq de départ, et ne sont nullement assurés de se qualifier pour les play-offs. En un mot, le vainqueur du 6 avril se sera surpassé sans pour autant s’être tiré d’affaire — et malheur au vaincu!

Eh bien, c’est une équipe orléanaise diminuée par des blessures qui s’est surpassée, alors que suite à la défaite les vaincus poitevins sont malheureux, les traits tirés, les visages marqués, les yeux embués. Ce match que je ne vais pas raconter dans le détail s’est soldé par ce qu’il faut bien appeler la défaite de trop. C’est une défaite typique, et le déroulement de la partie résume une saison sans doute gâchée, alors que sur le papier, le PB version 2012/2013 regorgeait de potentiel. Car dès l’entame du match, suite à un round d’observation et en s’appuyant sur une défense de fer, les visiteurs ont pris les commandes, menant au score (20-9) à l’issue du premier quart temps. Pendant plus de six minutes, en effet, les visiteurs n’ont pas marqué le moindre point et donnaient l’impression d’être composé de quelques espoirs, de joueurs de second plan recrutés sur le tard pour combler des trous — mais aussi de Brian Greene et surtout de Chris Hill, qui attendaient peut-être leur heure. Assez adroits, mais faisant preuve également d’une bonne circulation du ballon, les Poitevins dominaient leurs hôtes de la tête et des épaules.

Et dans le deuxième quart temps, ils ont continué à fructifier leur avantage, qui était porté à un moment donné à 17 points. Les Orléanais avaient beau tenter de revenir dans la partie; des tirs primés de Dobbins, de Kanté et du jeune Harley brisaient leur élan et permettaient au PB d’entrevoir une victoire qui leur tendait les bras; à la fin de la première mi-temps, ils menaient de 14 points (43-29). On se demandait de quelle manière cette victoire allait pouvoir leur échapper et on se disait qu’il était moins question d’une inversion du rapport des forces sur le terrain, que du doute qui allait s’infiltrer dans les têtes à la suite de tant de matchs maîtrisés par les Poitevins pendant 30 ou 35 ou 38 minutes et perdus à cause d’une chronique incapacité à gérer les moments décisifs. Dans les campagnes précédentes, par contre, de 2007 au printemps 2012, les joueurs du PB avaient acquis un capital de confiance en créant l’exploit contre des adversaires censément supérieurs; l’efficacité conjuguée à un brin de folie dans le « money time », c’était leur point fort, leur marque de fabrique…

Mais revenons à la débâcle la plus récente, à la blessure la plus fraîche, à ce que j’ai déjà désigné de « défaite de trop ». Malgré quelques frayeurs, les visiteurs ont tenu bon pendant la troisième quart temps et abordaient les dix dernières minutes avec 12 points d’avance (61-49). Les signes annonciateurs d’un retournement de situation ne manquaient pas pour autant; lorsque Dominic James a écopé d’une quatrième faute, il a regagné le banc; puisque Harley l’a émulé, le PB allait aborder les derniers virages sans être propulsé par un véritable meneur — et sans Guillard, les rotations dans la raquette étaient également et pour la énième fois de la saison un peu justes. Cela dit, et je crois avoir proféré les mêmes propos suite à la défaite à Limoges « contre le cours du jeu » du mois de novembre 2012, je pensais que les Poitevins allaient survivre aux ultimes assauts des locaux qui vidaient leurs dernières cartouches. Je n’imaginais pas un instant qu’au cours du dernier quart temps, ils n’allaient pas marquer que 6 points, alors que leurs adversaires allaient enregistrer 24! Voilà néanmoins ce qui est arrivé; d’un côté, les Orléanais ont bénéficié d’un regain d’adresse; de l’autre côté, l’équipe désormais en totale perdition allait éprouver le plus grand mal à trouver de bonnes positions de tir dans la limite réglementaire des 24 secondes. L’élan acquis qu’on appelle « momentum » avait changé irrémissiblement de camp. A un peu plus de deux minutes de la fin de la partie, les vainqueurs qui se surpassaient parvenaient d’abord à égaliser, puis à passer devant. Les tireurs poitevins sont restés interdits, sans réponse, alors qu’auparavant, ils avait tant gaspillé, en gâchant de nombreuses occasions de tuer le match. En un mot, ils ont permis à Orléans de rentrer dans la partie par effraction. Ils ont ouvert des brèches dans lesquelles les joueurs adverses se sont engouffrés. De là à dire qu’ils ont offert la victoire à Greene et ses coéquipiers, il y a un pas que je ne franchirai pas pour autant. On avait tout de même l’impression qu’à partir de la trente-troisième minute, encore une fois, les « pébéistes » ont cessé de jouer — ce qui ne veut pas dire qu’ils ont déjoué ou mal joué; je pense plutôt que de manière insidieuse, du côté des Poitevins tout est devenu laborieux. Je ne sais quel ressort qui donne du jeu (dans plus d’un sens du mot) était cassé, et ils ont fini par regarder jouer des Orléanais, qui finissaient par trouver du plaisir, alors qu’eux, ils étaient à la peine, faisaient de la peine, et éprouvaient une peine immense après avoir baissé pavillon et bu le calice jusqu’à la lie, jusqu’à l’hallali.