LYON-VILLEURBANNE 78 – POITIERS 86

Lyon-Villeurbanne 78 – Poitiers 86, Quelle magnifique victoire !
Suite à la terrible désillusion essuyée le 9 février contre Paris-Levallois, à chaque match le PB joue sa survie dans le Pro A. Tout reste possible, rien n’est perdu, mais l’équipe marche désormais sur des charbons ardents. A la veille d’une partie à jouer à Lyon-Villeurbanne, équipe qui n’avait alors pas perdu le moindre match à domicile en championnat, Poitiers n’avait sans doute pas eu le temps d’intégrer le nouveau meneur de jeu (maître à jouer ?) Dominic James ; d’autre part, le poignet de Badiane, la cuisse de Grant et la cheville de Guillard leur avaient joué de vilains tours ces derniers jours ; qui plus est, le PB avait sans doute mis du temps à digérer et à se remettre de sa dernière défaite. Il n’y avait pourtant aucune raison d’aborder le défi du 22 février en victime expiatoire ; après tout, le 2 décembre les guerriers de Ruddy Nelhomme sont venus à bout d’un escadron dans lequel figuraient – et figurent toujours – l’imposant Nsonwu-Amadi Uche, le très grand et fort adroit Amara Sy, Edwin Jackson dont c’est la saison de l’éclosion… Et pourtant ! Aucun de ces joueurs n’a brillé à Saint-Eloi ; pourquoi le PB ne se muerait-il pas en bête noire de l’ASVEL ? Certains lecteurs diront qu’en bon adepte de la méthode Coué, précis de l’autosuggestion d’origine française, je me suis attarde le 21 février sur le verre à moitié plein, mais un sportif de haut niveau procède également de la sorte ; il regarde de l’avant et perçoit des chances de l’emporter là où maints observateurs l’enterreraient vivant ; en un mot, il se sait condamné à gagner, et il est évident qu’au lieu de consentir à périr, il s’évertuera à vaincre.

Les premières séquences n’étaient pourtant pas franchement encourageantes. Edwin Jackson n’a tardé à provoquer une faute, à convertir ses lancers francs et à réussir un tir primé (0-5). Michael Thompson a dégainé de loin avec le même bonheur (0-8), et Dominic James, dont les premiers pas poitevins n’avaient pas été couronnés de succès, a été remplacé par Antonio Grant, dont l’entrée sur le terrain a à la fois calmé le jeu et relancé le PB ; qui plus est, il a rapidement mis deux paniers (4-8), et l’attaque lyonnaise s’est mise à balbutier. Grant a même mené à bien une action à 3 points (7-8), et puis, juste après son entrée sur le terrain, Laminé Kanté a permis à son équipe de passer devant (10-8). Et encore ! Dos au panier, Grant a exécuté un bras roulé qui devrait être breveté (12-8). Poitiers venait de marquer 12 points consécutifs ! Et après, suite à un panier bonifié d’Abromatis (12-11), le retour de James a été du meilleur effet ; non content d’accélérer le jeu, il a marqué les trois derniers points d’un premier quart temps globalement on ne peut plus prometteur (18-11).

 

Au début du deuxième quart temps, le PB continuait sur sa lancée. Le ballon circulait de manière léchée et fluide (20-11), et même en ratant une fois n’est pas coutume son tir, James enfonçait un peu plus le clou sur la ligne de réparation (22-11) et à la suite d’une récupération (24-11). Poitiers dominait son adversaire de la tête et des épaules, et malgré le petit retour de l’ASVEL, James a réussi un bras roulé (26-15) et un nouveau tir extérieur (29-15). On croyait rêver ! Mais Sy rameutait ses coéquipiers, Uche commençait à faire parler sa force (29-17), les Poitevins étaient tout d’un coup en panne d’adresse, et Abromatis a fait bingo (29-20). Un tir primé de Smith (32-22) ne fit que retarder l’échéance ; Sy marqua (32-24), le PB perdit le ballon, Abromatis récidiva (32-27), le PB perdit de nouveau le ballon, Sy alimenta Jackson (32-29) ; somme toute, lors du retour aux vestiaires l’avantage des visiteurs était quasiment réduit à néant (36-33) ; tout restait à (re)faire.

 

Au tout début du troisième quart temps, le PB parvenait à conserver – mais sans fructifier – son minuscule avantage (39-36, 42-39, puis 45-41 grâce à un nouveau tir primé de James). Un tir à trois points de Jackson (45-44) était suivi par un tir à trois points de Guillard (48-44) et un lay-up du natif du Poitou (50-44). Mais Jackson commençait à porter son équipe — et de 50-46, en un rien de temps le score est passé, mais oui, à 50-55 : tir primé de Jackson, interception et Jackson et claquette de Sy, des pertes de ballon poitevines à n’en plus finir… On se surprenait à imaginer que pour la énième fois, le PB avait laissé passer sa chance. Que nenni ! James est parvenu à contourner Jackson … et Uche (54-55), et à l’issue d’une belle action collective, Kanté a réussi une passe décisive à James (56-55) qui faisait exploser les compteurs ; à la fin du troisième acte il avait déjà marqué 25 points, et le PB menait de nouveau, mais oui !, au score (59-57).

Pendant les trois dernières minutes du dernier quart temps, les Poitevins tenaient bon (61-57, 64-59). Mais par la suite, rien ne fonctionnait plus : 2 points de Morlende (64-61), 2 points de Sy (64-63), une action à 3 points de Jackson (64-66), deux lancers francs du même joueur (64-68), Uche qui creusa l’écart (64-70). L’ASVEL venait de marquer 11 points d’affilée ! Or à 5 minutes de la fin, Smith sonnai le réveil (67-70), et malgré un nouveau panier de Jackson (67-72), une action à 3 points de Nivins (70-72), une excellente séquence défensive poitevine et un panier de Smith remirent les antagonistes à égalité (72-72). Par la suite l’action était hachée, avec de nombreux lancers francs de part et d’autre, et le suspense restait entier (72-74, 75-74 à 70 secondes de la fin, 75-75, 77-75 grâce à deux lancers francs de James, égalité à 77-77 grâce à Uche). Il restait 32 secondes à jouer. Temporisant tout en cherchant à organiser une action collective, James a fini par prendre le taureau par les cornes, et son tir lointain à 18 secondes de la fin fut réussi (80-77). Lors de la remise un jeu, les malheureux Lyonnais ont perdu le ballon, et cette fois-ci, le PB n’a rien gaspillé, rien vendangé, rien lâché, rien gâché (82-77, puis score final 86-78). Quelle magnifique victoire !