LE HAVRE 62 – POITIERS 68

Poitiers 68, Le Havre 62 : On gagne les matchs les uns après les autres

La veille du match décalé Le Havre-Poitiers, nous connaissions déjà les résultats des sept autres matchs de la dixième journée de la première ligue professionnelle du basket français. Les sept ( !) équipes qui se partageaient la lanterne rouge n’étaient qu’à trois victoires des codétenteurs de la première place, et le perdant de l’affrontement du 12/12/12 allaient les rejoindre ! Un tiers de la saison a eu lieu, sans que l’écrémage de fin d’année ait commencé à séparer les « prétendants » des « outsiders », voire les « assez menacés » des « quasiment condamnés ». Quant au vainqueur de mercredi, il allait pointer dans la partie supérieure du tableau.

Quant aux Poitevins qui venaient de remporter au bout du suspense leurs deux dernières parties, ils s’apprêtaient à disputer la bagatelle de cinq matchs dans l’espace de dix-sept jours ; bien qu’il ne s’agisse aucunement d’un rythme estampillé « NBA », les organismes des uns et des autres allaient être mis à rude épreuve, d’autant plus que P-Y Guillard et Lamine Kante, blessés tous les deux, ne s’étaient pas entraînés, ces derniers jours. Quant aux Havrais, il s’agit d’une équipe de bric et de broc assez « jeune » dont la dernière sortie, c’était une victoire écrasante à Limoges (88-60) dans laquelle plusieurs joueurs majeurs ont dû briller : le capitaine Bernard King, le vétéran Bryant Smith, le meneur prometteur D-J Thompson, le très polyvalent Max Kouguere… Très franchement, on n’osait pas avancer le moindre pronostic. 

Lamine n’étant même pas du voyage, le PB présentait une équipe rajeunie par la force des choses (Harley faisait partie du starting five). Dans un jeu d’échecs assez indécis au début, le PB faisait jouer ses intérieurs, dont Fall. Haché par de nombreux coups de sifflets, le match commençait sur un faux rythme, et le score n’évoluait guère (7-7 à l’issue des cinq premières minutes). Le jeune meneur havrais Pitard mit fin aux vaches maigres offensives en marquant de loin (7-10) ; le jeune pivot Paschal, lui, ne tarda pas à aggraver le score (7-13). Malgré les bonnes défenses du PB, les hôtes maintinrent leur avantage (11-17), mais le très jeune extérieur Boris Dallo débloqua le compteur poitevin en réussissant un premier tir bonifié (14-17). Et suite à la réplique donnée par Kouguère (16-20), Boris récidiva (19-20) ; c’était la fin du premier quart temps.

Par la suite, Le Havre trouvait un semblant de cohésion et prenait provisoirement le dessus (25-31), mais sous le cercle, Nivins se battait comme un lion contre l’imposant Graham Brown, l’omniprésent Dobbins a parfaitement servi le même Nivins (29-31), et malgré le bras roulé (hook shot) de Brown (29-33), les visiteurs étaient revenus dans le match qui gagnait petit à petit en intensité avec Dobbins qui donnait du rythme et marqua (31-33). Très vaillant, Guillard provoqua une bonne faute et marqua un point sur lancer franc (32-33). Malheureusement, il n’était pas tout à fait remis de sa blessure à la cheville, ce qui l’empêchait de poser confortablement ses pieds en préparant son tir. Brown ne se gênait pas d’aborder le panier, et lors du retour aux vestiaires, les locaux menaient encore au score (33-37).

De retour sur le terrain, Bernard King a bien servi Brown (33-39), Pape Badiane a marché, et le salut du PB semblait être suspendu à un fil des plus minces. Mais le même Pape n’a pas tardé à marquer (35-39), et malgré un nouveau tir extérieur de King (35-41) et je ne sais combien de fautes sifflées contre les cadors pictaves, le vent commença à tourner : un tir à 3 points providentiel de Justin Gray (38-41), le dunk de Pape (40-41), une excellente action collective Smith-Gray-Dobbins (42-41). La bagarre dans la raquette reprenait de plus belle, Dallo perdit un ballon ; de l’autre côté Bryant Smith provoqua une faute et ne rata pas ses lancers francs (48-49). Fall pénétra en passant par un trou de souris et marqua de manière inespérée (50-49), mais King se réserva le dernier mot du troisième quart temps (50-51).

Par la suite, il a fallu à peu près 5 minutes avant que les Havrais mettent le moindre panier ; en un mot, la défense poitevine a étouffé les velléités offensives d’une équipe prise dans l’éteignoir. Un nouveau panier de Gray a permis au PB de reprendre les devants (52-51) ; si les Havrais ont égalise par la suite sur un lancer de Fofana (52-52llon), ils n’ont jamais su reprendre l’avantage. Grâce à nouvelle action collective débouchant sur un panier de Nivins devenu quasiment intenable au poste bas (54-52), et en faisant très bien circuler le ballon qui atterrit encore une fois dans les mains adroites du même joueur, le PB commença à assurer la mainmise sur le match (56-52). Un troisième « but d’équipe » (les cinq joueurs sur le terrain ont tous touché le ballon) ne fit que confirmer la lourde tendance (58-52). Deux lancers francs de Pitard ont tout de même rapproché les locaux à 200 secondes de la fin du match ; le PB ne bénéficiait plus que d’une seule possession d’écart (59-56). Mais Nivins répondit présent aussi bien à la finition qu’au rebond (61-56), et Dobbins a successivement piqué le ballon, contré le tir à 3 points d’un joueur adverse et avalé le terrain avant de mettre dans le panier un lay-up à 134 secondes de l’ultime buzzer. Dans la foulée, Anthony Smith a réussi un tir bonifié (66-56) ; à une minute de la fin, la victoire des braves ne pouvait plus échapper aux Poitevins.