Interview Pierre-Yves GUILLARD #11 !

GUILLARD

Dans un basket français en perpétuel mouvement, Pierre-Yves Guillard apparaît comme un véritable OVNI. En effet il va attaquer cette année sa 14ème ( !!) saison au sein du PB86. L’occasion pour moi de le rencontrer en cette période de préparation. Entretien.

Picta : Parlons tout de suite du moins agréable : Dans quel état d’esprit te trouves-tu après la finale perdue ?

Pierre-Yves : C’est la seconde finale perdue avec Poitiers donc c’est du déjà vécu. On a raté le coche là-bas et sur le match à domicile il n’y a rien à dire. Bourg avait fait tout ce qu’il faut (infrastructure, recrutement etc…) pour se donner les moyens de monter. C’est mérité. 
Après c’est déjà bien d’avoir joué la finale vu notre saison mais c’est toujours dur à vivre. Maintenant il ne faut pas être fataliste et se reconcentrer sur la suite. On a fait une bonne fin de saison et on est tombé sur plus fort que nous. Ils ont mieux géré la fatigue (déplacement en avion). Il a manqué un petit quelque chose.

P : Est-ce que tu te fixes des objectifs personnels pour cette nouvelle saison ?

PY : Comme d’habitude tout faire pour que l’équipe tourne bien. Après j’aimerais être un peu plus agressif tout en ne sortant pas du collectif. Avoir un peu plus de responsabilité aussi.
Collectivement nous sommes encore en rodage, il faut faire rentrer les nouveaux dans l’esprit du club. Mais c’est sûr qu’avec une perte de budget c’est dur pour un club d’annoncer des objectifs supérieurs à la saison dernière. Les joueurs vont faire le maximum. 

P : Cela fait plusieurs saisons maintenant que Ruddy est absent pour le début de la préparation, est-ce que c’est compliqué à gérer ?

PY : Ce n’est pas vraiment gênant, une question d‘habitude maintenant. Cela peut paraitre spécial vu de l’extérieur mais il faut faire confiance aux entraineurs. Ils véhiculent tous le même message, dans la globalité c’est le même discours donc il n’y a aucun problème. Et puis 1 mois d’absence c’est rien. Même pour les nouveaux. Ils ont rencontré Ruddy cette semaine et ce sont des pros. Ils sont habitués à changer de club et de coach.
Et au final la Leaders Cup c’est un peu comme des matchs amicaux pour préparer le championnat. Même si l’objectif du club est bien sûr de gagner les matchs de septembre. D’autant plus que sinon il y a une coupure d’un mois en janvier.

P : Cette année tu as fêté tes 30 ans. Tu te vois finir ta carrière à Poitiers ?

PY : A l’heure actuelle il me reste 3 ans de contrat. On verra le moment venu car j’aurai 33 ans. Mais pour le moment je me sens bien dans le club. Je le connais parfaitement et si je devais partir je l’aurais sûrement déjà fait, même si je ne ferme la porte à rien. Mais j’ai envie que ce club reste au top. J’ai connu toutes les montées avec donc j’aimerais qu’il reste au plus haut niveau.

P : Pour enchaîner sur le sujet : tu as déjà une idée de ton après-basket ?

PY : Oui et non. En fait je sais surtout ce que je ne veux pas faire. Coach ou des choses du genre. Après si l’occasion se présente j’y réfléchirai mais ce n’est clairement pas un objectif. Je ne suis pas assez patient. 
En tout cas je ne m’inquiète pas de ça pour le moment. Je suis même plutôt impatient d’arriver à cette « seconde vie ». Il n’y a rien de défini aujourd’hui.

P : Tu es le joueur qui est au club depuis le plus longtemps. Mais j’imagine que tu as eu des propositions d’aller jouer ailleurs ?

PY : Oui bien sûr il y a eu des contacts. Principalement le Paris-Levallois après notre première saison en Pro A. Il y a eu Limoges aussi. Mais c’était il y a longtemps…

P : Depuis tout ce temps il y a certainement des joueurs avec qui tu as créé des liens particuliers ?

PY : Oui c’est sur. Déjà il y a eu les joueurs de tarots (Sylvain Maynier, Yann Devehat, Cédric Gomez et Guillaume Costentin). Rasheed (Wright) aussi. Sur les dernières saisons c’est plus compliqué avec les personnes qui ne sont restées qu’une saison. Mais en général ça s’est toujours très bien passé avec les joueurs qui sont restés plusieurs années au club.

P : Et sur les 2 nouveaux de cette année qu’est-ce que tu peux me dire ?

PY : Sur le plan personnel je n’ai pas encore eu beaucoup le temps d’échanger avec eux. Mais ils ont l’air de se sentir bien dans le club. Dans le jeu Andrew (Fitzgerald) est un vrai attaquant. Andy (Ogide) est plus lourd. C’est un vrai joueur d’impact, il a une vraie présence dans la raquette. Il va nous apporter du rebond et un gros travail dans la peinture. Dans un style totalement différent d’Ekperigin.
Mais ce qui est vraiment bien c’est qu’il y a eu peu de changements à l’extérieur. Il y a déjà un fonds de jeu et le collectif est déjà en place. Ce sont eux qui ont le ballon donc pour les intérieurs c’est ensuite tout de suite plus simple. Ça ne part pas dans tous les sens.

P : Que peux-tu me dire sur les jeunes du club ? Notamment ceux formés à Poitiers.

PY : On essaye de les briefer. Ils sont à l’écoute et font de bonnes choses. On les aide au maximum et cette année ils vont avoir plus de responsabilité. Pour eux c’est toujours intéressant. 

P : Sur un autre sujet, qu’est ce que tu penses du public poitevin ?

PY : C’est un bon public, il y a toujours une bonne ambiance. C’est forcément plus sympa de jouer dans des salles pleines où il y a de l’ambiance. C’est agréable, ça nous pousse vraiment. Ça ne peut que t’aider. Jouer dans une salle vide comme on peut en voir ailleurs ce n’est pas du tout motivant. 

P : Pour terminer, une question un peu à part : avec quel(s) joueur(s) et quel(s) coach(s) aurais-tu aimé jouer ?

PY : Alors tu me poses une question… (après quelques instants de réflexion). Un gros meneur de jeu. Diamantidis (NB : le légendaire meneur de jeu de la Grèce). Et comme coach Phil Jackson (grand coach aux 11 titres NBA avec les Bulls et Lakers, aujourd’hui manager général des New York Knicks). Ou alors Gregg Popovich (l’atypique coach des San Antonio Spurs). Ca doit être vraiment bien.

P : Et pour conclure sur le sujet, tu es plus Euroleague ou NBA ?

PY : Euroleague. Et en plus les matchs sont à des heures plus abordables. La NBA je regarde un peu les résumés tout ça. Mais se lever à 3h du mat pour voir des matchs ce n’est pas vraiment mon truc.

Interview réalisé à la salle de St Eloi le 22 août

Merci à Alexis (dit Bouyatovitch) pour cette interview très sympa et un grand merci à « Byff » pour sa disponibilité.

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