Evreux 81, Poitiers 74 – La partie aura duré 10 minutes de trop !

Evreux 81, Poitiers 74 –

La partie aura duré 10 minutes de trop !

On dirait que l’heure dé vérité commence à sonner; fort de ses très bons résultats récents à domicile (7 victoires consécutives, excusez-moi du peu…), le PB doit impérativement consolider l’acquis en multipliant des victoires à l’extérieur. Evreux, qui est une équipe défensive mais capable de mener à bien des contre-attaques meurtrières, constitue le type d’adversaire qu’il importe dès maintenant de juguler. A quelques heures du match auquel j’allais assister en compagnie de trente autres Pictagoules, je me suis rappelé que le 29 octobre, le PB a baissé pavillon à Evreux, alors que le 27 décembre à Saint-Eloi, les Picatves n’ont fait qu’une bouchée (74-61) des Ébroïciens. Par ailleurs, lors des derniers jours les coéquipiers de Guilluame Costentin ont marqué le pas, alors que leurs bourreaux d’il y a 36 jours ont continué sur leur lancée, autant dire qu’ils surfent sur la vague, que le momentum les propulse… Mais les effectifs poitevins sont toujours à mon avis trop justes, et la moindre petite blessure risque de mettre à mal autant la confiance engrangée depuis plusieurs semaines que la remontée dans le classement.

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas eu de round d’observation. Jeff Greer a entamé le festival offensif avec une action à 3 points; Konaré a répondu (3-3), et ainsi de suite; après 3 minutes de jeu, les deux formations étaient à égalité complète (11-11), et on se disait que ce rythme-là ne pouvait guère être maintenu; après 7 minutes de jeu, Ruddy Nelhomme avait déjà fait appel à 4 remplaçants, dont notamment Elson Mendy, right man at the right place (15-15) et Moustapha Fall, dont la présence dans la raquette devenait dissuasive; les Ebroïciens étaient obligés de chercher leur salut en tirant de loin, et puisque l’adresse n’était plus au rendez-vous, les Poitevins commençaient à prendre un léger ascendant (23-27).

 

Il importe de souligner l’agressivité de bon aloi et l’opportunisme d’Ekperigin (28-33), qui a su par ailleurs redresser le tir en matière de lancers francs (30-36). De manière plus générale, les Poitevins avaient resserré les boulons, et leur adversaire n’avait plus droit à des paniers faciles. Et puis, A. Thinon a fait parler la poudre, ce qui amenait l’avantage des visiteurs à 9 points (34-43). mais hélas, dans une partie devenue rugueuse, les Ebroïciens ont marqué les derniers, ce qui laissaient intacts leurs espoirs, d’autant plus que Thinin venait de se faire mal à la nuque (38-43).

 

Dès que l’équipe hôte a marqué les 5 premiers points du troisième acte (43-43), on savait que les ressources psychologiques des Poitevins allaient être mises à rude épreuve. C’est à ce moment-là que Justin Ingram, assez discret jusque-là, a répondu présent (43-45), et Ekperigin est resté quasiment irrésistible (43-47, puis 46-51). En un mot, les Pictaves avaient repris les choses en main, même si Mendy était sorti du match suite à une erreur, et Thinon avait toujours mal à la nuque. Et les effectifs, je le répète, sont justes. Par ailleurs, le défenseur-sangsue Costentin « ceinturait » Karim Souchu, mais à ce propos, l’arbitrage péchait peut-être par manque de rigueur… Or la fin malheureuse de l’histoire était repoussée; Fall veillait au grain et marqua sur rebond offensif (51-57); Ekperigin provoqua des fautes sur deux actions consécutives et fit toujours preuve d’assurance et de doigté sur la ligne de réparation (54-60, puis 54-62). A la fin du troisième quart temps (58-66), le pivot néo-pictave affichait des statistiques ronflantes: 26 points, 10 rebonds, 32 d’évaluation.

 

Et si je vous disais que lors du quatrième quart temps, ce compteur-là allait rester presque bloqué? Si je vous disais que les Ebroïciens ont effacé leur déficit en marquant les neuf premiers points du dernier acte (67-66)? Si je vous disais que pendant presque 5 minutes, l’attaque poitevine, plutôt prolifique jusque-là, n’allait rien réussir? Si je vous disais que le jeune Pierre Etienne Drouault, très maladroit avant de prendre feu, allait enregistrer 12 de ses 14 points au cours des dernières minutes d’un match qui avait changé d’âme? Toujours est-il que Jeff Greer a mis fin à la dèche poitevine (67-69), mais Evreux a rapidement égalisé (69-69), Guillard n’a converti que l’un de ses deux lancers francs (69-70), Drouault a bénéficié d’un brin de réussite (71-70, puis 73-70). Le PB a tout de même su égaliser à 3 minutes de la fin (73-73), mais Drouault était euphorique (76-73, puis 78-74); autant dire que du côté poitevin, des carottes étaient cuites (81-74).

 

Ce type de défaite, pour rageur qu’elle soit, met surtout en évidence des lacunes poitevines persistantes. Les cadres (Ingram, 2 sur 10 aux tirs; Souchu, 1 sur 6) ne peuvent pas se permettre un « jour sans » à l’extérieur. Mobilisé dès le premier quart temps, le banc n’a pas pu pallier de manière durable à de telles maladresses, alors que le banc ébroïcien, dont Drouaut fait partie, a été décisif. Qui plus est, les Poitevins ont perdu trop de ballons (16); Ekperigin, lui, en a rendu huit! Ce qui explique en partie pourquoi le PB n’a pas su « tuer » le match, ni même soutenir la comparaison pendant les dix dernières minutes. Tant qu’il ne sera pas en mesure de tenir un résultat à l’extérieur, tant qu’il ne se donnera pas les moyens de ses ambitions, les clignotants ne passeront pas au vert.

 

LES MARQUEURS POITEVINS : Souchu 3 Points, Greer 10, Guillard 2, Thinon 9, Mendy 6,   Ingram 5, Fall 4, Harley 6, Ekperigin 29.

STATISTIQUES

 

 Photos du déplacement