CHALON 84 – POITIERS 52

Chalon 84, Poitiers 52 – Le PB n’a pas tenu la comparaison

C’est en compagnie d’une joyeuse bande de Pictagoules, en supporter carburant à l’énergie du désespoir que je m’apprêtais à effectuer le long déplacement de Poitiers à Chalon. Suite à une trop longue série de défaites sur le fil aux Arènes, seule une victoire à l’extérieur contre un cador du championnat permettrait au PB de croire de nouveau à ses chances de maintien dans le Pro A. Le potentiel de notre équipe est toujours assez grand, car en toute franchise, James est actuellement au moins aussi bon que Tchicamboud, Dobbins vaut largement Denmon ou Lang, Smith est capable de contenir Schilb, et même en l’absence de Guillard, Badiane saura défendre contre Evtimov; dans la raquette, Nivins et Fall sont tout aussi capables de rivaliser avec Williams et JBAM. Il y a également l’élément stabilisateur Grant et le joker de luxe Kanté, qui a affolé les compteurs en multipliant les tirs primés contre des Limougeauds médusés… Cette équipe-là a su tenir la dragée haute à des adversaires autrement huppés, alors qu’il y a trois ans, lors de la première année de Poitiers en Pro A, la formation a été surclassée à Roanne, à Gravelines et à Orléans, ce qui ne l’a pas empêchée d’accéder aux play-offs, alors que cette saison, la survie du club en Pro A est loin d’être assurée. C’est le paradoxe poitevin; si les promus se sont surpassés, leurs successeurs sans doute plus talentueux dans l’ensemble se sont mis en danger. Allaient-ils pouvoir se ressaisir dans l’antre des champions de France en titre? Sauraient-ils éviter des « trous d’air » rédhibitoires? Parviendraient-ils à terminer en beauté un match entamé sur des chapeaux de roue? Tiendraient-ils la distance? Glorieuse incertitude du sport…

Ai-je parlé d’incertitude? Il est vrai que les deux équipes ont débuté la rencontre sur un score de parité; il a même fallu presque deux minutes avant que le pivot chalonnais, Williams, ne débloque le compteur. Et un peu plus tard, suite à un rebond offensif, Nivins a marqué (2-4). Mais partir de là, le jeu offensif du Pb s’est désagrégé, et un premier panier primé de Blake Schilb a creusé un écart (2-9). Dominic James n’a pas su servir ses coéquipiers, Anthony Smith était en panne d’adresse, et l’entrée sur le terrain de Lamine Kanté n’a guère modifié la donne (6-13, puis 9-15). A la surprise générale, James a cédé provisoirement sa place au jeune Boris Dallo qui a également eu du mal à poser le jeu en appliquant les systèmes offensifs. Pape Badiane a tenu tout de même momentanément tête à JBAM, et Antonio Grant s’est ingénié à marquer au buzzer (11-19). Compte tenu de qu’il convient d’appeler la disparité de niveau, le PB ne s’est pas trop mal sorti d’un premier quart temps qui mettait en évidence le manque de communication et d’automatismes entre des joueurs qui subissaient bien plus qu’ils ne créassent le jeu.

La punition allait venir du banc chalonnais avec Lang qui réussit un tir primé d’une sobriété magistrale (13-22). Suite à une nouvelle mésentente offensive poitevine, JBAM est parti faire cavalier seul dans la raquette (13-25). Suite à un panier de Nivins qui surnageait alors que son équipe prenait de l’eau de toute part (15-25), le tireur chevronné Kevin Houston s’est invité à la fête (15-28). L’écart se creusait de manière inquiétante (15-35), et les meneurs poitevins semblaient toujours tout aussi incapables de faire le jeu; d’un côté, les Chalonnais « déroulaient » avec une confiance renouvelée au fur et à mesure; de l’autre côté, on aurait dit que les Poitevins ne se connaissaient guère, de toute façon, l’équipe était méconnaissable. Le déficit s’élevait jusqu’à 27 points (16-43), on touchait le fond. Grâce en partie à la présence sous la raquette de Moustapha Fall, les visiteurs ont eu une réaction d’orgueil en marquant huit points consécutifs (24-43), mais une énième balle perdue donna aux Chalonnais l’opportunité de terminer la première mi-temps en beauté et en trombe (24-45). Entre les deux formations, il y avait au moins une division d’écart.

Est-ce que la deuxième mi-temps allait amener un sursaut salutaire? Il y avait de bonnes intentions offensives (28-45), mais les choses se gâtèrent rapidement; suite à un rebond défensif rageur, un joueur poitevin a mis un pied en dehors de son terrain; lors des possessions suivantes, les intérieurs chalonnais ont plus d’une fois bénéficié d’une deuxième, voire d’une troisième chance, et Sheldon Williams a multiplié des paniers d’abord laborieux, puis de plus en plus « faciles » (34-58, puis 36-66 à la fin du troisième quart temps).

A partir de là, nous sommes entrés dans le garbage time; l’issue du match ne faisant plus l’ombre d’un doute, les joueurs locaux faisaient plaisir à leur public qui est parmi les meilleurs de la France; le seul aspect positif d’une soirée perdue, c’était le chaleureux accueil prodigué aux Pictagoules par leurs homologues du coin, qui nous ont invités voir la fin du match parmi eux et ont chanté avec une belle unanimité assez touchante: « Poitiers en Pro A ». Quant à nous, on s’efforce d’y croire, tout en reconnaissant que le 23 mars 2013, le PB ne pouvait pas rivaliser avec une équipe soudée et rôdée, qui tourne à plein régime, et se dirige vers une fin de saison passionnante de tout point de vue.