BOULAZAC – POITIERS : 73 – 67

Boulazac 73, Poitiers 67 – A se battre la tête contre les murs

La veille d’un périlleux déplacement chez les voisins de Boulazac, le PB semblait avoir surmonté la déception occasionée par sa défaite in extremis contre Chalon, le champion français en titre. De tels quasi-exploits avaient jalonné les premiers mois de la première année de Poitiers en Pro A ; je pense notamment au match perdu sur le fil à Cholet, futur champion de l’Hexagone. Ce que certains oublient peut-être, c’ést la friabilité des nouveaux venus face à des escadrons au palmarès bien plus modeste : Toulon, Dijon, Le Havre… On parle en anglais de « letdown » ; capable de se hisser ponctuellement au niveau des meilleurs, un « challenger » ou « outsider » risque inversement de baisser de ton en affrontant une équipe quelconque… Fort heureusement, en pré-saison les Pictaves ont mangé leur pain noir contre un promu de Dordogne  tout sauf quelconque et ne risquent pas de prendre à la légère l’adversaire de la troisième journée du championnat.

Et pourtant ! Les 5 premiers points étaient marqués par les joueurs locaux ; les visiteurs avaient du mal à accorder leurs violons et à rentrer dans le match. Or un contre de Gray et un dunk de Dobbins semblaient relancer le PB qui mettait à profitles fautes d’inattention de la défense adverse et ne tardait pas à égaliser (9-9, 11-11). Un rebond de Dobbins qui effectuait une action « coast to coast » propulsait le PB en avant, et l’entrée sur le terrain de Guillard renforçait le secteur intérieur. Vers la fin du premier quart temps, Boulazac multipliait les fautes, et de manière fulgurante, Poitiers prenait carrément le contrôle des opérations (27-13).  La suite était du même acabit ; si les actions offensives de Boulazac manquaient de conviction et de finition, les Poitevins se jetaient goulûment sur tous les ballons et continuaient à semer la pagaille en provoquant de nombreux impairs, dont une faute technique vers la treizième minute (34-15). Rien ne laissait présager la main chaude d’Osiris Eldridge dont l’équipe a subitement fait feu de tout bois, infligeant aux Poitevins en moins de deux minutes un 0-12 qui relançait le match (34-27). Si Dobbins et Kanté ont douché momentanément l’euphorie naissante, l’avance poitevine à la mi-temps (42-34) n’avait rien de franchement rassurant. Et après la pause, Boulazac tournait à plein régime (de bonnes relations entre les extérieurs et les intérieurs compensaient l’absence relative de réussite à longue distance) et parvenait rapidement à rattraper son retard (44-44). Un timide réveil poitevin permettait toutefois aux visiteurs d’éviter d’être menés au score, et un tir bonifié d’Anthony Smith leur servait de précieux ballon d’oxygène. Dobbins s’arrachait toujours tout autant, et à 10 minutes de la fin, le PB tenait bon (56-
53). A six minutes de la fin, un panier de Guillard ramenait même l’avantage poitevin à 6 points (62-56). On pouvait difficilement imaginer que non seulement le PB allait finir par céder le « leadership », mais qu’à partir de là, il n’allait marquer en tout et pour tout que cinq petits points. Malgré la pugnacité d’un adversaire qui a eu le mérite de ne pas baisser les bras, la défaite du PB doit surtout être considérée comme la malencontreuse sortie de route d’une équipe encore en voie de construction et ne tient manifestement pas encore la distance.