Après la défaite du PB à Blois (95-90) : quelques réflexions

Dans un match très offensif – les deux équipes ont eu un pourcentage de réussite aux tirs supérieur à 60 ! – le PB a fini par se laisser distancer dans les deux dernières minutes, alors qu’il avait pris l’avantage (+2) et semblait être en mesure de l’emporter. Qu’est-ce qui a fait la différence ? a) la blessure de Youssoupha Fall à 200 secondes de la fin, alors que les deux formations étaient à égalité parfaite ; b) l’adresse insolente du meneur blésois Benjamin Monclar (29 points, +31 d’évaluation en 27 minutes), qui a mis deux paniers bonifiés dans le money time ; c) quelques oublis défensifs poitevins qui ont donné lieu à des paniers adverses faciles ; d) trop de turnovers, de pertes de balle (Poitiers, 19 ; Blois 9) ; e) l’absence de Sekou Doumbouya, retenu dans le championnat européen U18, alors qu’il n’a pas encore 16 ans ; f) l’ardeur des supporters blésois, dont le tintamarre explique en partie les neuf lancers francs ratés par le visiteurs…

Quelques heures plus tard, dans la NBA, les Magic d’Orlando, peu à l’aise dans les matchs à domicile, ont accueilli les Nets de Brooklyn. Peu en verve, un certain Evan Fournier n’a réussi que 3 de ses 13 premiers tirs ; pendant la quasi-totalité du match, à l’instar du PB à Blois, les Magic couraient après le score. Or dans les 5 dernières minutes, alors que les deux formations étaient auparavant à égalité (106-106), Evan a mis onze points (!) consécutifs. Autrement dit, il a porté son équipe, qui n’en menait pas large, sur ses épaules. Les tirs précédents ratés n’avaient ébranlé ni sa confiance, ni celle de son coach, Frank Vogel, qui a dit dans sa conférence de presse après-match : « Il l’avait déjà fait, certaines nuits il n’a pas été en réussite, mais il a encore la confiance lui permettant de réussir des tirs importants dans les moments cruciaux. Notre victoire contre les Nets, c’est en majeure partie grâce à lui… »

Pour en revenir au PB, qu’est-ce qui lui fait défaut cette saison ? Réflexion faite, il lui manque peut-être un véritable leader offensif, un « go-to man », un « clutch player », un joueur qui prend ses responsabilités dans les moments décisifs, le « money time ». Pendant la courte histoire du PB, plusieurs noms viennent à l’esprit : Sylvain Maynier, Kenny Younger, Tommy Gunn, le jeune Evan Fournier, Rasheed Wright, Justin Ingram, Darrin Dorsey (le lecteur aura remarqué que lors de sa 4ème et dernière année en Pro A et sa deuxième année de retour en Pro B, saisons parmi les plus compliquées et les moins abouties, aucun de ces joueurs ne faisait partie du roster) .

Il ne faut pas non plus oublier les excellents leaders défensifs, dont Guillaume Costentin, Tony Dobbins et Laurence Ekperigin.

Cette année, le PB regorge de bons, voire de très bons joueurs ; sur le papier (c’était déjà le cas pendant sa dernière année en Pro A), il est carrément excellent. Je pense que Drake Reed, athlète polyvalent qui peut quasiment tout faire, n’est pas loin d’être le leader nécessaire et espéré, mais même Drake ne peut pas tout faire en même temps… Par ailleurs, le go-to man n’est pas toujours le même joueur ; Rasheed se tenait parfois en retrait, ce n’était pas toujours à lui de tenter les shoots qui font basculer le cours d’un match.

Conclusion : Pour l’instant, le PB est paradoxalement une équipe avec pas mal de leadership, mais sans leader avéré. A l’image d’Evan du haut de ses 18 ans, le très jeune Doumbouya pourrait-il finir par combler cette lacune vitale ? Nul ne le sait.

Jeffrey ARSHAM, le 18 décembre 2016 à 0h45